Arrivée à Nashira

Bienvenue en Colombie !

Ça y est ! J’y suis. A Nashira. Un eco village de femmes près de Palmira en Colombie. Je dors chez Dona Ruth, 74 ans. Elle m’accueille dans sa maison faite de briques rouges, de tôle et de bois. Il est 8h du matin. Il fait déjà chaud. Ruth est partie à l’église, c’est dimanche aujourd’hui. La radio du voisin vient de s’allumer avec un air de cumbia, le coq chante depuis belle lurette, les chiens aboient et le boulanger est déjà passé pour proposer son pain. Je suis arrivée ici la nuit de vendredi à samedi. J’ai voyagé depuis la Belgique en passant par Amsterdam, Panama, Bogotá et enfin Cali. Dona Elsy m’a accueilli avec une pancarte et mon nom dessus. Elle vit aussi à Nashira.

La rue principale

Hier après-midi ma chambre s’est transformée en un sauna et mon ventilateur ne fonctionne pas. J’ai été me balader avec un chapeau de Dona Ruth. J’ai revu Dona Elsy, ses deux filles et une ribambelle d’enfants qui viennent profiter de l’ombre de sa terrasse. J’ai rencontré Rosario, l’ infirmière. Elle s’occupait de son papa qui souffre de la dengue. J’ai tué les moustiques de la chambre avec une raquette électronique alors qu’elle lui chantait une berceuse en lui caressant la tête le temps de la perfusion. J’ai dit que je repasserai à un autre moment. J’ai mangé avec Dona Ruth qui d’habitude ne mange pas le soir. Hier, elle s’est reservie deux fois parce qu’elle est en de bonne compagnie et n’est pas toute seule. C’est ce qu’elle m’a dit. Elle a perdu deux de ses enfants et son mari. C’est une battante, m’a dit l’infirmière. Elle est speciale, m’a dit la maman de l’infirmière. Dans tous les sens du terme. C’est une bonne amie. Ici tout le monde se connaît. Oui tout le monde. Je suis curieuse de les rencontrer, de connaître leur histoire, leur vie d’ici et d’avant. L’écriture de ces quelques lignes en pyjama m’a coûté six piqûres de moustique. J’adore ma nouvelle vie tropicale !