Un an en Colombie

Aujourd’ hui, ça fait une année que je suis arrivée en Colombie. Il y a 365 jours, j’ai appelé ma grand-mère pour lui souhaiter bon anniversaire. “À bientôt oui” que je lui ai dit. Et puis un bip, un bon voyage et un dernier au revoir. Prévu pour quelques mois, le séjour a pris une autre tournure. Une allure fantasticodramatique, à la parure couleur nature. J’ai rencontré des nouveaux regards, écouté des nouvelles histoires, appris des nouveaux savoirs pour cultiver, construire, soigner. J’ai escaladé des monts et merveilles, et je suis descendue embrasser mes ombres, mes peurs.

À l’autre bout du globe, j’ai trouvé une poignée qui ne tournait pas très rond. J’ai vu le monde à l’envers, j’ai fait le tour de moi-même en 4000 kilomètres. Et un nouveau courant d’air m’a emporté ailleurs, plus loin. Vers un déjà-vu différent et indomptable. Pour encore apprendre. Pour encore créer. Pour encore semer.

Et puis le temps a passé. A coulé à flot. Et sans même avoir eu le temps de lui tourner le dos, il m’a submergée de larmes. De joie, de tristesse, de colère, parfois les trois à la fois. Il me colle à la peau comme un vieil amant qui creuse des rides aux creux de mon cœur.

Aujourd’hui, je t’aurais souhaité un bon anniversaire, mamie. J’aurais dit je t’aime et j’aurais nagé dans un océan de certitudes. Mais en vrai, je suis revenue dans ma montagne et  je recommence à marcher de haut en bas et de bas en haut. J’ai revu la place aux grands arbres. Les hommes à chapeaux sont revenus s’asseoir sur les bancs et ont sorti leurs jeux de cartes. Les chaises de la terrasse sont de nouveau occupées par les habitants qui boivent leur café dans des tasses à fleurs. J’ai salué un voisin et puis Diego est venu me chercher en moto. On est monté tout en haut, les sacs à dos remplis de fruits, de légumes et d’un long voyage.

Si j’ai pu construire des châteaux de sable pour les regarder disparaître sous les vagues de mes plus belles illusions, je continue d’avancer. Pour inventer la suite de l’histoire, dessiner la courbe du chemin. Et réaliser l’étendue d’un rêve. Un rêve où, dans le chaos et la tempête, volent des cerfs-volants rouges avec de longs rubans blancs. Des cerfs-volants qui font rire et crier les enfants. De joie ou de peur de les voir tomber. Des cerfs-volants qui les font sautiller, qui les font regarder vers le haut, qui les font déployer une force pour que volent, volent encore les couleurs dans le ciel. Pour plier le destin et arriver là où l’on veut arriver. Avec un sac-à-dos rempli de magie, de graines, de beauté et d’amour à partager.

Retrouvailles avec
Diego, Chachou, Ainhoa et Lara

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